Le numérique est souvent perçu comme immatériel et “propre”. Pourtant, derrière chaque mail, chaque visioconférence, chaque vidéo stockée en ligne, se cachent des impacts environnementaux et sociaux bien réels. Ordinateurs, smartphones, serveurs, réseaux : l’ensemble de cet écosystème consomme énormément d’énergie, de ressources naturelles, et génère des déchets difficiles à traiter.

À l’occasion du Digital Clean Up Day, il est temps de mieux comprendre ces enjeux et d’identifier des actions concrètes que nos organisations peuvent mettre en place pour un numérique plus responsable.

L’impact du numérique : quelques chiffres marquants

Contrairement aux idées reçues, le numérique a une empreinte considérable. Selon l’ADEME, il représentait déjà 4,4 % de l’empreinte carbone de la France en 2022, soit environ 29,5 millions de tonnes de CO₂e. À l’échelle mondiale, les estimations varient entre 3 et 4 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que le secteur aérien civil !

Numérique responsable : enjeux et actions clés

La fabrication des équipements concentre l’essentiel de cet impact : près de 78 % des émissions proviennent de la production de smartphones, ordinateurs, tablettes et serveurs, nécessitant métaux rares, eau et énergie, souvent extraits dans des conditions sociales et environnementales préoccupantes. L’usage quotidien des équipements et services numériques représente environ 21 % de l’empreinte, et la fin de vie environ 1 %, bien que cette phase génère beaucoup de déchets électroniques.

Les data centers, en plein essor avec l’intelligence artificielle et le cloud, représentent désormais près de 46 % de l’empreinte carbone numérique française. En parallèle, les déchets électroniques mondiaux ont bondi de 82 % entre 2010 et 2022, atteignant 62 millions de tonnes (ONU, 2024).

Ces chiffres rappellent une réalité : le numérique n’est pas immatériel. Ses impacts sont bien tangibles, et concernent aussi bien le climat que les ressources naturelles et les conditions sociales dans les pays producteurs.

Vers un numérique responsable : bonnes actions à mettre en œuvre en entreprise

Face à ces constats, les organisations ont un rôle clé à jouer. Dans Le Guide des Bonnes Pratiques Numérique Responsable pour les Organisations, porté par la mission interministérielle numérique écoresponsable, des leviers concrets sont proposés, parmi lesquels :

  • Allonger la durée de vie des équipements : privilégier le reconditionné, réparer plutôt que remplacer, et limiter les achats superflus.
  • Réduire l’empreinte des usages quotidiens : trier régulièrement ses fichiers et mails, désinstaller les applications inutiles, limiter le stockage dans le cloud.
  • Choisir des solutions responsables : recourir à des hébergements sobres en énergie, optimiser les applications pour qu’elles soient plus légères et accessibles.
  • Sensibiliser et former les équipes : instaurer une culture de sobriété numérique grâce à des campagnes internes et à des ateliers pratiques.
  • Gérer la fin de vie des matériels : organiser le don, le réemploi ou le recyclage via des filières certifiées.

Ces actions, mises bout à bout, permettent de réduire significativement l’empreinte carbone d’une organisation tout en réalisant des économies.

Si l’on souhaite aller plus loin, un certain nombre d’actions supplémentaires sont possibles et accessibles. Chacune d’entre elles est évaluée selon deux critères : une priorité et une difficulté de mise en œuvre. Des indicateurs de pilotage sont même suggérés, afin de suivre les progrès de l’action mise en place.

Numérique responsable : enjeux et actions clés
Le Guide des Bonnes Pratiques Numérique Responsable pour les Organisations propose un certain nombre d’actions à mettre en oeuvre destinées à réduire l’impact du numérique.

Le Digital Clean Up Day : une initiative collective et utile

Créée en 2020, l’initiative Digital Clean Up Day est un mouvement mondial qui invite particuliers, entreprises et institutions à “nettoyer” leurs usages numériques.

L’idée est simple : supprimer les fichiers, mails, applications ou données devenus inutiles, et ainsi réduire la consommation d’énergie liée au stockage et au transfert d’informations.

Au-delà de l’impact direct, cette journée a une grande valeur pédagogique. Elle permet de sensibiliser les collaborateurs à des gestes simples mais efficaces, de donner une dimension collective et ludique à la démarche, et de lancer une dynamique durable dans l’organisation. Participer au Digital Clean Up Day, c’est aussi s’inscrire dans un mouvement mondial de sobriété numérique et montrer l’engagement de l’entreprise en matière de responsabilité environnementale.

Le numérique est un formidable outil de transformation, mais son impact environnemental et social est désormais indéniable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sans changement, l’empreinte du secteur continuera de croître de façon inquiétante. Pourtant, les solutions existent et sont à la portée de toutes les organisations : sobriété, réemploi, écoconception, sensibilisation.

À l’occasion du Digital Clean Up Day 2026, prenons le temps de faire le tri, mais surtout de poser les bases d’un numérique plus sobre et plus durable. Car agir sur nos usages numériques, c’est à la fois réduire notre empreinte, renforcer notre efficacité collective et participer à un futur plus responsable.

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